Ruminations de novembre
Pourquoi ce blog? Qui le lira? Êtes-vous prêts à me donner de l’argent? Est-on encore en 2005? Beaucoup de questions en ce brumeux novembre. Continuer de lire Ruminations de novembre
Pourquoi ce blog? Qui le lira? Êtes-vous prêts à me donner de l’argent? Est-on encore en 2005? Beaucoup de questions en ce brumeux novembre. Continuer de lire Ruminations de novembre
Tu prétends haïr les ténèbres, mais tu ne supportes pas la vérité. L’obscurité te dissimule aux autres et à toi-même. Tu t’y réfugies, tu n’aimes rien tant que la caverne, loin du soleil. * Les ténèbres sont bonnes pour toi. Elles sont si froides que leur engourdissement est agréable, agréable l’enfouissement, l’enfermement. Dans les ténèbres, les dieux t’épargnent la contemplation de toi-même. * Quand tu … Continuer de lire Phalaris
(poèmes en marge de Julien l’Apostat) I Phalaris Tu prétends haïr les ténèbres, mais tu ne supportes pas la vérité. L’obscurité te dissimule aux autres et à toi-même. Tu t’y réfugies, tu n’aimes rien tant que la caverne, loin du soleil.*Les ténèbres sont bonnes pour toi. Elles sont si froides que leur engourdissement est agréable, agréable l’enfouissement, l’enfermement. Dans les ténèbres, les dieux t’épargnent la … Continuer de lire Le dieu est intelligible
Wenceslas m’appelle. Donne quelques nouvelles, puis me demande ce que je fais. « Pas grand-chose, la routine, ha ha. J’écris un peu, je multiplie les pseudonymes. –Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Tu cherches à être publié ? Non ? Alors ça ne sert à rien ! Je ne te comprends pas. On n’écrit pas, si on n’a pas envie d’être lu ! Pourquoi tu ne montres rien à personne ? … Continuer de lire Quelques heures avant l’hiver
Il fallait changer d’air. À la suite d’un incident qu’il me serait trop long et trop pénible de rapporter ici, j’avais passé un interminable hiver parisien enfermé chez moi, entre les quatre murs de ma misérable chambre de l’avenue de ***. La moindre sortie m’effrayait, et quant à respirer, je n’avais pour oxygène que les odeurs d’essence du périphérique et les fumées d’une déchetterie de … Continuer de lire Famille chrétienne
LA MEGALOPOLE est formée de gratte-ciels bleus, gris, translucides, jetant une ombre humide et froide sur des avenues se croisant à angle droit. Les rues semblent des boyaux interminables courant au fond d’une faille océanique. Un peuple troglodyte parcourt ce labyrinthe en se collant aux tours comme l’eau d’un fleuve s’enfle et enlace les piles d’un pont. L’activité ne s’arrête jamais complètement. Elle ralentit seulement … Continuer de lire Dans l’Aquarium
Sa mère sonna à la porte. Elle le tenait par la main. Le soleil éclairait l’allée de gravier, la pelouse qui séparait la rue de la maison. La porte était dans l’ombre. L’homme leur ouvrit. « Vous voilà ! Entrez. » Il pouvait avoir la soixantaine. Il était chauve, les tempes grises. Des tavelures sur le crâne. Les mains ridées, collantes. Il sourit à l’enfant. Sa femme était … Continuer de lire Sa mère sonna à la porte
Lorsque nous chroniquions les campagnes vandales Et la Guerre Gothique enflammant l’Italie –Ont-elles jamais pris fin, Basileus?–, Qu’étions-nous, sinon des épigones, Pâles reflets de nos aïeux: Ceux de l’Ionie, Ceux du Péloponnèse, Morts, noyés dans le flot vert, Galères éventrées; Sombrant, clamant encore Athènes, l’Empire, –cette illusion–, L’Empire de la mer… Basileus, le jour décline, Leurs paroles n’ont guère de sens. Nous ramassons, épars, Des … Continuer de lire Procope
L’île qui m’enferme gémit sous le fouet d’un perpétuel orage. Deux mâchoires semblent se refermer incessamment sur elle : les nuages bas qui ferment l’horizon, et les flots noirs qui hurlent sur la côte. Nature monstrueuse, elle est ta proie ! Rien ou presque n’y pousse : l’herbe est rare, et le jour ne se lève jamais sur quelques arbres gris. Errant comme une forme vide, je … Continuer de lire Sthénélos
Les Maîtres contemplèrent la ville, un instant, il y a des siècles. * Un enfant joue, assis par terre, seul, parmi les mânes. * L’esprit familier s’est réveillé ; il émerge de limbes féroces, peuplées de combien de cruautés. Il s’en vient par des chemins de lui seul connus ; il est là. Mes courages sont usés. Rien ne le repousse. * Venez en procession, accourez pour … Continuer de lire Entre les Muses et les atomes de Démocrite
Leurs théâtres me dégoûtent ; ils aiment les danseurs, les mimes et les courses de chars, et tous les spectacles qui réjouissent le cœur de la populace. Voici que les curiales s’allongent et s’apprêtent pour le festin, quand le maître du monde couche à même le sol et ne mange rien qu’un peu de pain. Ils ont déserté les sanctuaires : le matin est voué … Continuer de lire Ils ont trahi les dieux
1. Trauma Je suis le prisonnier d’une étrange obsession. Et bien que je voie mes fers, leur nature m’échappe. Et bien qu’ils soient souvent près de céder, à force d’usure après toutes ces longues années, je ne peux m’en libérer. Car au milieu de mes efforts, au moment où la torsion de mes poignets fait enfin jouer le vieil écrou, voici que tout disparait autour … Continuer de lire Le Fils